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Confidences

April 30, 2013

 

 La musique est mon médicament, ma meilleure amie, mon réconfort, une chance de pouvoir créer et de donner aux autres une vision intérieure. La mélodie est primordiale, la chanson est un art, contrairement à ce que disent certains, oui... un « mini » art, car cela ne dure que trois minutes, comme un condensé magique touchant l’âme des gens ; les chansons, comme disait le personnage de Fanny Ardant, dans le film de Truffaut : « la femme d’à coté », les chansons disent toujours la vérité. J’ai toujours aimé la musique populaire, de Billie Holiday, Burt Bacharach, aux Beatles et les Stones, de Electric Light Orchestra, Oasis à Stevie Wonder et Prince, tous les styles de musiques ont rythmé ma vie, du funk, de l’electro, de Morricone à John Williams, de Vivaldi à Mahler, de Steve Reich à Phoenix,les images de cinéma ont aussi fortement perturbé mon imaginaire . Inspiré par tout ce qui m’entoure,  je voyage beaucoup, et très souvent à Venise, Marrakech, ou en Irlande..

 

 Paris a aussi une place dans mon coeur, la première place, même si je trouve les Parisiens insupportables. Je ne suis jamais blasé d’entendre une de mes chansons à la radio, bon sang... Je n’en reviens toujours pas... En associant le processus de création à la souffrance, je porte mes valises de cette maudite souffrance partout avec moi, parfois je les laisse sur le quai d’une gare, mais des voyageurs mal intentionnés me les rapportent, alors je compose pour me sentir mieux, pour oublier, comme d’autres boivent, moi j’écris la musique et mes nuages noirs se lèvent, un peu, au dessus de ma tête. Comme une formule de maths, ou le code d’un coffre fort, enfin trouvée, ma mélodie est écrite, alors je fais des bons dans mon studio, ce moment où le graal jaillit, rien ne me fait plus plaisir, après... ce plaisir est destiné aux autres. Si la composition est un voyage en solitaire, puisant parfois dans mes tourments, dans mon cerveau névrosé ou dans les illusions d’un bonheur déjà perdu, la réalisation musicale d’un disque est une traversée de l’atlantique, un périple amazonien, une ballade en amoureux ou un chemin de croix.

 

 J’aime le travail d’équipe, retrouver le matin, les ingénieurs du sons dans les studios, les assistants, les musiciens qui attendent  leur partitions. J’aime aussi écrire pour les cordes,et je retrouve le coté cinématographique dans leur exécution. Les studios sont coupés du monde extérieur, pas de bruits de voitures, pas d’agressions terrestres, ni de marteaux piqueurs, et donc...une paix organisée ou  un joyeux bordel. Je joue de tous les instruments,avec une prédilection pour le piano et la guitare,ce qui me permet d’avoir une vision rapide d’une chanson,sans être tributaire  d’un musicien. La vision d’une chanson ou d’un projet artistique est capitale dans le chemin créatif, l’avoir, c’est concevoir l’identité sonore de la chanson, son tempo, sa tonalité, sa structure, son adn musical ; sans vision de la part du réalisateur producteur, il n’y aura pas d’affect de la part du public sur la musique. Je compose assez vite, car si l’inspiration n’est pas là, il ne faut pas insister, la réalisation, elle, prend plus de temps, de recul ; diriger un artiste exige de l’expérience et de la confiance en soi, il faut avoir parfois le cran de dire à une vedette que son chant n’est pas bon et qu’il devrait rentrer chez lui. Réussir dans la musique impose une concentration de tous les jours, on se lève le matin en pensant à la journée de studio qui vient, on se couche en pensant au lendemain et ses interminables enregistrements, je commence à 10h et finis à 20h pile, je n’aime pas travailler la nuit et je déteste faire travailler mon équipe sur des horaires de célibataires (que je suis ) alors qu’eux ont peut être des bébés à coucher.

 

 Et puis je veux vivre...voir d’autres choses, mes musées, voyager, lire, marcher dans la rue, me balader à scooter, sentir l’air de la ville, tomber amoureux, manger, boire et faire l’amour. Réaliser un disque c’est aussi gérer la pression, étant un hypersensible, j’ai du mal parfois à cacher mes émotions... « I am not a robot, I’m only human! » La vie et la musique ne font qu’un, c’est pour cela que mon comportement peut paraitre bizarre en studio ,car j’ai une drôle de vie,pas ordinaire,on va dire... J’ai la chance de côtoyer des gens de talent en studio, s’entourer est une des clés du succès, il n’ y a pas de victoire sans équipe, et mon plaisir c’est d’en faire avec des gens que j’ aime, le reste n’est que du plus ! Je crois beaucoup dans le travail des maquettes avant de se lancer dans une production, même s’il faut faire attention qu’elles ne sonnent pas comme des disques car il n’y a plus de plaisir après... Il  faut accorder beaucoup d’attention à la bonne tonalité vocale, au tempo, il m’arrive de refaire deux ou trois fois  les démos avant d’entamer le disque. C’est drôle de penser qu’il faut d’abord se convaincre émotionnellement, de sa chanson fraichement écrite,pour après convaincre l’entourage de l’artiste, après l’artiste lui même, après la maison de disque, le producteur, et puis ensuite les médias, la presse, les radios, les télévisions pour arriver finalement au public qui aura le dernier mot ! que de chemin parcouru ... Une bonne chanson est le savant  mélange des mots et de la musique mais si le chanteur est nul, les musiciens ivres et la maison de disque en faillite...ça va être dur de convaincre : le succès a tellement de paramètres, c’est pour cela que je respecte et comprend les gens de ce métier, tout est basé sur un mystère qu’on pourrait peut être parfois expliquer !! mais heureusement, il n’y a pas de recettes.

 

 Mes pensées vont aux gens avec qui je «travaille» tous les jours, mes partenaires de rêves, musiciens, auteurs, producteurs , artistes ou saltimbanques, ingénieurs et techniciens, metteurs en scène, clowns et acrobates, sans oublier les femmes et hommes de l’ombre... Je vous aime... L’amour est ma seule source d’inspiration...

 

À ma muse... donc.

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